Friday, December 17, 2004

Des grands vont tomber

Ce ne sont plus des matches de foot que nous a offert si généreusement la procédure de tirage au sort pour les seizièmes de finales de la Ligue des Champions, on dirait bien plutôt une carte de boxe. Quelques affrontements alléchants entre jeunes aspirants pour nous mettre en appétit: Monaco - PSV Eindhoven, Lyon - Werder Bremen, Liverpool - Bayer Leverkusen. Puis un Porto - Inter Milan pas piqué des vers en atttendant le plat de résistance, et un quatre services à part ça: Arsenal - Bayern Munich, Manchester United - AC Milan, Barcelone - Chelsea, et Real Madrid - Juventus pour le championnat des poids lourds! Ça va brasser les amis, et il va y avoir une épidémie de torticolis au Champs pour ceux qui essaieront de ne rien manquer de l'action.

Pour ceux qui ne suivent le foot qu'aux deux ans quand les équipes nationales s'affrontent à l'Euro ou en Coupe du Monde, c'est le moment ou jamais de découvrir ce qui se passe de mieux entre les grands tournois. Et soyons francs, les clubs en lice n'ont rien à envier aux meilleures équipes nationales. Quand les huit plus grands clubs au monde s'affrontent comme ils s'apprêtent à le faire, on a droit à une brochette des meilleures joueurs au monde. Vous aimez les Brésiliens? Ronaldo, Ronaldinho, Kaka et Adriano pour vous servir. Vous préférez les Français? Alors vous pouvez vous rabattre sur Zidane, Henry, Makelele et Vieira. Un petit faible pour les Anglais ou les Hollandais? On vous propose alors les Rooney, Gerrard, Robben ou Van Nistelrooy.

Dressons un petit portrait rapide des combats: dans la catégorie poids coq, on a le Monaco, finaliste surprise l'an passé, contre le PSV Eindhoven. Ça peut donner une lutte intéressante, le PSV de Guus Hiddink opposant un système de jeu plutôt hermétique (mille minutes en championnat hollandais sans accorder le moindre but!) au style plus offensif du Monaco. Il reste à voir si les hommes de Didier Deschamps sauront trouver les buts nécessaires malgré la difficulté qu'ils auront à jouer le contre face à une équipe qui ne craint pas de rester regroupée en arrière. Dans la même catégorie, on a le Liverpool contre le Bayer Leverkusen, deux équipes dont le passé est certes plus glorieux que le présent. Les Anglais espèrent retrouver le chemin du succès européen menés par leur capitaine Steven Gerrard, qu'on annonce dans tous les grands clubs d'Europe au mercato d'hiver, mais qui semble pour l'instant déterminé à décrocher des trophées avec l'équipe de son enfance.

Déjà une coche au-dessus, en poids moyens, on a Lyon, qui est bien parti cette année pour aller chercher son quatrième sacre consécutif en championnat français, face au Werder Bremen, champion en titre de la Bundesliga et cinquième pour l'instant cette année. L'avantage qu'a Lyon sur ses camarades des petits championnats, c'est la profondeur de son effectif, qui lui a permis cette année de surmonter sans peine de sérieuses blessures à plusieurs de ses joueurs cadres (Elber, Coupet et Caçapa entre autres), ce qui devrait leur éviter le sort réservé à Monaco l'an passé quand leur sublime parcours en Ligue des Champions fut accompagné d'une chute interminable au classement français. Dans la même catégorie de poids, on a un Porto - Inter Milan qui met aux prises le champion d'Europe surprise de 2003, dégarni depuis de ses éléments les plus importants, partis sous de meilleurs cieux, face à l'énigme du calcio italien, un Inter qui ne sait pas perdre mais peine pourtant à gagner, avec déjà douze nuls en quinze parties.

Enfin, les poids lourds. Il va y avoir des morts, et pas des moindres. Arsenal - Bayern Munich, c'est l'aspirant anglais, qui n'a plus rien à prouver sur ses terres mais peine à s'établir parmi l'élite européenne, contre le champion allemand au passé glorieux mais qui peine à retrouver son ancien niveau. C'est aussi Jens Lehmann contre Oliver Khan, le psychodrame allemand qui met aux prises les deux gardiens de la Mannschaft dans une lutte à finir pour le poste de titulaire à la Coupe du Monde en Allemagne en 2006. S'il y a deux hommes qui se détestent sur la planète foot, ce sont bien ces deux-là, mais leur affrontement pourrait faire figure de pétard mouillé si Lehmann n'arrive pas à reprendre d'ici là sa place entre les pôteaux de l'Arsenal, occupée pour l'instant par Manuel Almunia.

Manchester United - AC Milan, ce n'est que l'affrontement entre les deux clubs les plus couronnés du foot anglais et italien lors des années 90. Et ce ne sont pas d'anciennes gloires, loin s'en faut, quoique cette année Alex Ferguson commence à être remis en question au Manchester, qui peine à joueur au niveau qu'exige ses supporteurs malgré le fichage de Wayne Rooney. L'AC Milan, c'est l'équipe de Berlusconi, le président italien, et pour autant elle est difficile à aimer véritablement, mais avec Shevchenko et Kaka en tête, elle talonne la Juventus de près en Serie A.

Barcelone - Chelsea met aux prises les deux équipes qui étaient jusque-là favorites pour l'emporter. C'est l'entraîneur José Mourinho, champion d'Europe l'an passé avec Porto, un homme qui bascule constamment entre la confiance en soi et l'arrogance, face à Frank Rikjaard, un des rares grands joueurs à avoir su démontrer par la suite le même niveau d'aptitude pour le poste d'entraîneur. Le travail qu'il a fait au Barça est exceptionnel, transformant complètement l'équipe en quelque deux ans. Ce sont aussi les retrouvailles de Deco avec Carvalho et Ferreira, coéquipiers l'an passé au Porto, adversaires cette année en Ligue des Champions. Le vainqueur de cette confrontation pourrait se rendre très, très loin.

Enfin, Real Madrid - Juventus, ce n'est que deux des plus grands clubs de l'histoire du foot qui s'affrontent encore une fois. La dernière occasion, c'était il y a deux ans en demi-finales de la Ligue des Champions, le choc au sommet se soldant par une victoire de la Juve au total des buts par la marque de 4-3. Si le Real paraît pour l'instant vieillissant et en perte de vitesse, la Juve est au sommet de son art avec Pavel Nedved et le nouveau-venu Zlatan Ibrahimovic, un suédois surdoué, auteur du but du tournoi lors de l'Euro 2004.

Des prédictions? Allons-y: PSV, Lyon, Leverkusen, Porto, Arsenal, AC Milan, Barcelone et Juventus. Mais il n'y a pas de David contre Goliath cette année. David affronte son clône et Goliath lutte contre son grand frère. Pour les petits, une chance inespérée de se rendre plus loin que prévu cette année. Pour les grands, une victoire en seizièmes les débarrassera d'un coup de quatre grands rivaux pour le sacre final. À ne pas manquer quand la compétition reprendra en février.
Comments: Post a Comment

<< Home

This page is powered by Blogger. Isn't yours?