Tuesday, September 21, 2004
Madrid, Madrid, ton inaccessible étoile
Quel phénomène que le Real Madrid. Qu'on l'aime ou non, on le regarde, on le lit, on en parle. Ça vient peut-être de la conviction profonde et inébranlable de chaque "madridista" que son club est le plus grand, le plus fort et le plus beau, de la certitude intérieure que tous les autres l'envient d'appartenir en quelque sorte à ce club.
Les nouvelles déboulent depuis quelques jours; après la défaite contre le Bayer Leverkusen en Ligue des Champions, nouvel échec face à l'Espanyol Barcelone. José Antonio Camacho, entraîneur de l'équipe depuis à peine quelques matches, donne sa démission. Attention, ce n'est pas une fausse démission commandée par l'exécutif, c'est lui qui quitte de son plein gré le poste tant convoité, selon chaque madridista, par tous les entraîneurs de la planète, en ayant à peine complété le premier mois de la saison. "No puedo con eso"; je ne peux rien faire avec "ça".
Mais justement, qu'est-ce que c'est que "ça"? C'est la chose la plus étrange et contradictoire du Real. Normalement ça ferait référence aux joueurs, à une équipe de prima donna qui refusent de se plier aux directives du coach. Mais pourtant, ces "galacticos" n'ont rien de la prima donna. Zidane, Ronaldo, Raùl, Figo, Roberto Carlos, Owen, même Beckham, ce sont tous des professionels, avec une bonne éthique de travail et un réel désir de vaincre. Ça n'a rien à voir avec les perpétuelles controverses qui entourent l'équipe nationale Néerlandaise par exemple, toujours scindée en clans ennemis et dont les vedettes se boudent à propos de leur temps de jeu.
"Ça", c'est peut-être justement en partie cette aura d'irréalité qui entoure l'équipe. Tout est plus grand que nature, les joueurs, le stade, et surtout les attentes. La pression est absolument suffocante. Le début de saison avant la déconfiture face au Bayer n'avait pas été si clairement mauvais. Deux courtes victoires par la marque de 1-0, mais deux victoires tout de même, et l'égalité au premier rang de La Liga. Mais déjà les critiques, les doutes et les questions fusaient de toutes parts. Et "Ça", c'est sûrement aussi le président Florentino Perez, capitaine et seul maître à bord, prompt à accepter les fleurs mais le premier à se trouver un bouclier humain pour recevoir les critiques. "Ça", c'est son projet sportif, qui amène l'an passé un Beckham au détriment d'un Makelele moins médiatique mais qui jouait un rôle charnière en milieu de terrain, ou cette année un Michael Owen plutôt qu'un Xabi Alonso pour venir combler les mêmes lacunes.
Le problème de M. Perez c'est que pour être médiatique, il faut faire des choses spectaculaires. M. Beckham sait botter des coups francs, Ronaldo, Raùl et Owen savent (ou savaient dans le cas des deux deniers) marquer des buts, Zidane c'est Zidane, Figo a ses passements de jambes, Roberto Carlos a le pied gauche le plus dévastateur de la planète. Mais dans le sport, il faut aussi savoir faire les choses moins spectaculaires, comme le faisait Makelele par exemple, c'est-à-dire récupérer le ballon, couper les passes, pourchasser l'adversaire. Carlos Queiroz, l'entraineur limogé à la fin de la dernière saison, avait déjà reconnu la chose, demandant à Beckham de jouer le rôle de Makelele. Le pauvre s'y est dévoué avec acharnement, mais à quoi bon signer Beckham si c'est pour lui demander de faire ce qu'il ne fait pas bien? Il n'y a qu'à compter les chandails "23 Beckham" pour avoir la réponse; mais c'est difficile de demander à un entraîneur de composer avec de telles exigences.
Pourtant, les sirènes du Real continuent d'attirer les vedettes vers le naufrage. Patrick Vieira le disait, lui qui est finalement resté avec l'Arsenal, l'appel du Real, sa mystique, ce sont des choses difficiles à résister. Vu de l'extérieur, on peut se demander de ce qui pourrait pousser un joueur de talent et de caractère comme lui à vouloir se mettre dans un merdier pareil. Étrangement, c'est la même chose qui les attire et qui les condamne, ce décalage avec la réalité, ce petit quelque chose d'irréel qui fait à la fois la grandeur et la décadence du Real.
Un petit en passant pour terminer, la crise à Madrid remonte à la saison passée, à la mi-mars très exactement, moment de l'élection de José Luis Rodriguez Zapatero et au départ d'Aznar. Le Real, qui trônait au sommet avec le président de la nation dans les tribunes du Santiago Bernabéu, affiche depuis ce temps deux défaites pour chaque victoire. C'est une coïncidence, j'en conviens. Mais si Aznar était Madridista, Zapatero est un Culé. Et si vous regardez la fiche de Barcelone depuis l'élection, vous verrez que c'est une drôle de coïncidence...
Les nouvelles déboulent depuis quelques jours; après la défaite contre le Bayer Leverkusen en Ligue des Champions, nouvel échec face à l'Espanyol Barcelone. José Antonio Camacho, entraîneur de l'équipe depuis à peine quelques matches, donne sa démission. Attention, ce n'est pas une fausse démission commandée par l'exécutif, c'est lui qui quitte de son plein gré le poste tant convoité, selon chaque madridista, par tous les entraîneurs de la planète, en ayant à peine complété le premier mois de la saison. "No puedo con eso"; je ne peux rien faire avec "ça".
Mais justement, qu'est-ce que c'est que "ça"? C'est la chose la plus étrange et contradictoire du Real. Normalement ça ferait référence aux joueurs, à une équipe de prima donna qui refusent de se plier aux directives du coach. Mais pourtant, ces "galacticos" n'ont rien de la prima donna. Zidane, Ronaldo, Raùl, Figo, Roberto Carlos, Owen, même Beckham, ce sont tous des professionels, avec une bonne éthique de travail et un réel désir de vaincre. Ça n'a rien à voir avec les perpétuelles controverses qui entourent l'équipe nationale Néerlandaise par exemple, toujours scindée en clans ennemis et dont les vedettes se boudent à propos de leur temps de jeu.
"Ça", c'est peut-être justement en partie cette aura d'irréalité qui entoure l'équipe. Tout est plus grand que nature, les joueurs, le stade, et surtout les attentes. La pression est absolument suffocante. Le début de saison avant la déconfiture face au Bayer n'avait pas été si clairement mauvais. Deux courtes victoires par la marque de 1-0, mais deux victoires tout de même, et l'égalité au premier rang de La Liga. Mais déjà les critiques, les doutes et les questions fusaient de toutes parts. Et "Ça", c'est sûrement aussi le président Florentino Perez, capitaine et seul maître à bord, prompt à accepter les fleurs mais le premier à se trouver un bouclier humain pour recevoir les critiques. "Ça", c'est son projet sportif, qui amène l'an passé un Beckham au détriment d'un Makelele moins médiatique mais qui jouait un rôle charnière en milieu de terrain, ou cette année un Michael Owen plutôt qu'un Xabi Alonso pour venir combler les mêmes lacunes.
Le problème de M. Perez c'est que pour être médiatique, il faut faire des choses spectaculaires. M. Beckham sait botter des coups francs, Ronaldo, Raùl et Owen savent (ou savaient dans le cas des deux deniers) marquer des buts, Zidane c'est Zidane, Figo a ses passements de jambes, Roberto Carlos a le pied gauche le plus dévastateur de la planète. Mais dans le sport, il faut aussi savoir faire les choses moins spectaculaires, comme le faisait Makelele par exemple, c'est-à-dire récupérer le ballon, couper les passes, pourchasser l'adversaire. Carlos Queiroz, l'entraineur limogé à la fin de la dernière saison, avait déjà reconnu la chose, demandant à Beckham de jouer le rôle de Makelele. Le pauvre s'y est dévoué avec acharnement, mais à quoi bon signer Beckham si c'est pour lui demander de faire ce qu'il ne fait pas bien? Il n'y a qu'à compter les chandails "23 Beckham" pour avoir la réponse; mais c'est difficile de demander à un entraîneur de composer avec de telles exigences.
Pourtant, les sirènes du Real continuent d'attirer les vedettes vers le naufrage. Patrick Vieira le disait, lui qui est finalement resté avec l'Arsenal, l'appel du Real, sa mystique, ce sont des choses difficiles à résister. Vu de l'extérieur, on peut se demander de ce qui pourrait pousser un joueur de talent et de caractère comme lui à vouloir se mettre dans un merdier pareil. Étrangement, c'est la même chose qui les attire et qui les condamne, ce décalage avec la réalité, ce petit quelque chose d'irréel qui fait à la fois la grandeur et la décadence du Real.
Un petit en passant pour terminer, la crise à Madrid remonte à la saison passée, à la mi-mars très exactement, moment de l'élection de José Luis Rodriguez Zapatero et au départ d'Aznar. Le Real, qui trônait au sommet avec le président de la nation dans les tribunes du Santiago Bernabéu, affiche depuis ce temps deux défaites pour chaque victoire. C'est une coïncidence, j'en conviens. Mais si Aznar était Madridista, Zapatero est un Culé. Et si vous regardez la fiche de Barcelone depuis l'élection, vous verrez que c'est une drôle de coïncidence...