Thursday, September 16, 2004

La nuit tombe a Madrid et Manchester

La première journée de la Ligue des Champions nous a apporté un autre indice de la chute des deux clubs qui aspiraient à la fin des années 90 et au début du siècle au titre de "plus grand club de la planète". Le Real Madrid démoli 3-0 par le Bayer Leverkusen, une bonne petite équipe allemande qui a déjà fait sien dans le passé le dicton "petit club va loin", mais qui n'a en théorie rien à voir avec les "galacticos" du Real; un nul de 2-2 pour le Manchester contre Lyon, accueilli avec soulagement par des partisans échaudés par le début de saison plus que mou de l'équipe.

Les deux clubs en sont à des stades différents de la pente du déclin, et il n'est peut-être pas encore trop tard pour renverser la vapeur, mais les signes avant-coureurs sont là, et ils sont clairs pour qui veut bien les voir. Si le Madrid et ses partisans, malgré la fin de parcours absolument lamentable de l'année dernière (défaite après défaite dans le dernier mois de la saison), semblent encore obnubilés par son aura de "grand club" et aveugles aux augures défavorables, les Mancuniens pour leur part semblent plus proches d'accepter leur situation, ce qui est déjà un premier pas vers le redressement. Doublés sur leur gauche au niveau financier par Chelsea et les milliards de leur mécène russe Abramovitch, doublés sur la droite au niveau du jeu et de l'ambition par les hommes du manager d'Arsenal Arsène Wenger, ils sont en peut-être en perte de confiance mais ils le sentent, et commencent à faire les démarches pour tenter de redresser la situation. La signature du jeune prodige anglais Wayne Rooney est un pas dans la bonne direction, mais il y a encore beaucoup de travail à faire avant que le Manchester retrouve son niveau d'il y a quelques années.

Du côté du Real Madrid, ce serait beaucoup plus inquiétant si ce n'était du plaisir qu'éprouve l'observateur relativement neutre (le seul observateur réellement neutre étant celui qui est complètement désintéressé par le sport) à voir ces dirigeants imbus d'arrogance, et tout particulièrement son président Florentino Perez, un homme exécrable s'il en est un, voguer allègrement vers un iceberg géant sans même se douter de l'imminence du naufrage. La politique de Perez, axée davantage sur le plan marketing que sportif, attire toute l'équipe avec lui vers la chute.C'est dommage pour les joueurs, tous de vrais professionels qui malgré leur statut de mégastars ne semblent pas compter de prima donna dans leurs rangs; mais après avoir blâmé de manière lamentable l'échec de la saison passée sur l'ancien coach Carlos Queiroz, Perez devra chercher longtemps un autre coupable que lui-même si le Madrid passe à travers comme il l'a fait l'année dernière. Les joueurs vieillissants, le déséquilibre patent sur le terrain, la venue de joueurs hyper-médiatisés comme Beckham et Owen plutôt que de jeunes talentueux, c'est sa politique. Un jour on lui demandera de rendre des comptes.

Prédictions? Une troisième place en Premier League pour le Manchester, et peut-être plus bas si la compétition s'avère plus forte que prévue; pour le Madrid, troisième ou quatrième derrière Barcelone, Valence et peut-être le Deportivo. En Ligue des Champions? Un des deux ne sortira pas des poules, et l'autre tombera en quarts-de-finales. Au jeu de l'arrogance, c'est encore le Madrid qui l'emporte, et ça risque de rendre la chute finale encore plus dure.

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