Monday, September 13, 2004

De Santis rend hommage à Jacques Lemaire

Une partie bien terne que ce match-retour contre les Salty Dogs de Syracuse. Pourtant, le scénario s'avérait intrigant, avec les bons et les méchants bien campés dès le départ, le capitaine des Salty Dogs Scott Schwitzer prédisant encore plus de grabuge qu'à l'aller (deux cartons rouges pour Syracuse). Pas trop brillant vu le résultat plus que probant de 2-0 pour l'Impact dans le premier match, mais bon, les méchants ne sont pas censés faire preuve de subtilité ou de circonspection.

Si les Salty Dogs ont bien joué leur rôle avec des tacles à la limite du criminel et ce cher M. Schwitzer qui s'est justement pris un carton rouge avant même la mi-temps, c'est l'Impact qui a paru jouer faux; alors que tout le monde sait que mis-à-part un Mac Templeton pour remettre les pendules à l'heure, les bons doivent s'appuyer sur la finesse et la beauté du jeu, l'Impact s'est contenté de défendre péniblement l'avantage durement acquis à l'aller, malgré l'avantage d'un homme dont ils ont profité pendant une bonne soixantaine de minutes. La petite famille qui prenait le soleil dans la rangée juste en haut de la mienne assistait à ce qu'il paraît à son premier match de soccer, et à en juger par les plaintes des enfants face au piètre spectacle qui leur a été présenté, peut-être au dernier.

C'est le résultat final qui compte, convenons-en, mais c'est justement dans cette optique que la stratégie de l'Impact était déficiente. S'il est facile de critiquer un choix qui s'est avéré désastreux, il est plus délicat de le faire suite à une victoire. Criticons tout de même. C'est une erreur classique au foot que de défendre à outrance lorsque l'équipe adverse cherche à remonter un déficit avec un homme en moins. Ce n'est pourtant pas d'avoir un défenseur en plus dans le chaos que peut devenir la zone des buts qui confère réellement l'avantage à l'équipe qui joue à onze, mais plutôt la possibilité de se défendre à armes égales tout en comptant un joueur de plus pour jouer le contre. Foncer à quatre contre trois plutôt qu'à quatre contre quatre vers le but adverse est infiniment plus déterminant que d'avoir un sixième ou un septième joueur dans la zone du gardien tout en cédant la majorité du terrain à l'adversaire. Impossible de compter les ballons dégagés à répétition par les défenseurs de l'Impact vers le milieu du terrain pour être aussitôt récupérés et renvoyés dans la zone par les Salty Dogs, tout simplement à cause du gouffre vertigineux entre Sebrango et Bailey en attaque et les huit autres joueurs qui tentent de ceinturer la zone des buts. Impossible également de compter le nombre de ballons dégagés par le gardien Greg Sutton et déviés vers l'avant en vain par les deux attaquants, malheureusement la seule option d'attaque disponible quand les milieux de terrains se prennent pour des défenseurs.

Allez, malgré tout, l'équipe mérite des félicitations. Ils ont bien réussi à garder leur calme malgré les charges répétées des joueurs du Syracuse, et ont bien exécuté leur travail en défense à part une malencontreuse confusion entre les deux centraux qui a mené au but des Salty Dogs. S'ils ne pratiquent pas un jeu particulièrement attrayant, c'est une équipe qui a du coeur et qui se donne à 100% à chaque match. Si un jour il y a quelques journalistes en plus pour les interviewer, je suis sûr qu'ils vont même se mettre à donner eux aussi leur 110%. C'est juste un peu dommage de mettre autant d'effort et d'énergie à tuer le jeu adverse et aussi peu à créer du jeu en zone offensive. Surtout quand les circonstances du match font que c'est aussi la meilleure option pour s'assurer la victoire.

Tout le monde au Centre Claude-Robillard pour la finale samedi prochain! C'est du sport, c'est pas cher, c'est dehors, c'est familial, la bière est bonne, les gens sont gentils, les joueurs sont attachants. Et si c'est votre premier match, peut-être que vous ne remarquerez pas que Jacques Lemaire, mythique inventeur de la "trappe", s'est réincarné avant même sa mort dans la personne de Nick De Santis.
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