Wednesday, August 18, 2004
Profitons de la pause Olympique, parlons politique
Alors que les chroniqueurs politiques s'intéressent soudain au sport comme ils le font à tous les quatre ans, le moment me paraît bien choisi pour m'occuper de leurs moutons le temps d'une chronique.
Le grand manitou du Québec nationaliste a parlé, et le monde politique est en émoi. Monsieur Parizeau n'a pas son pareil pour soulever la controverse. Bien que ses discours soient toujours subtils et pondérés, ils portent tout naturellement à en tirer des grands titres qui sont tout le contraire. Jacques Parizeau en faveur d'une élection référendaire! Ce n'est pas précisément ce qu'il a dit; il évoque la possibilité, tout en précisant que compte tenu de la réalité historique de la question nationale il serait impossible d'accéder à la souveraineté sans au préalable passer par la voie référendaire. Dans cette nouvelle optique, l'élection donnerait au Parti Québécois le mandat de préparer le chemin et de légiférer en fonction d'une nouvelle consitution québécoise qui serait ratifiée (ou non) par le peuple québécois.
Mais bon, quand on a été sacré épouvantail national, il ne faut pas s'attendre à ce que nos paroles soient interprétées avec un maximum de discernement et de subtilité. D'ailleurs, ce rôle d'épouvantail, il se l'est donné lui-même. Par naïveté ou par stratégie, par égocentrisme ou par désir d'aider la nation, personne ne pourrait le dire avec certitude, mais c'est un rôle qui lui sied à merveille.
Sur le fond de la question, on peut être d'accord ou non. C'est sans aucun doute la suite naturelle du non-intérêt total de Monsieur Parizeau pour ce que souhaitent réellement les québécois. Lui veut la souveraineté, pour le bien du Québec entendons-nous, et si le peuple québécois ne le suit pas dans un chemin qui est si évidemment le bon, ça ne peut être que pour cause de manigances et de complots de la part des ennemis de la souveraineté. Il n'a rien a envier à ce niveau-là à Monsieur Chrétien et son programme des commandites, les deux s'inscrivant dans la même ligne de pensée qui veut que les québécois sont des êtres fondamentalement naïfs et influençables qui ne savent pas ce qu'ils veulent réellement.
Mais malgré tout, ce débat a du bon, parce qu'il incarne et expose au grand jour le dilemme et la contradiction fondamentale du Parti Québécois. Article 1 du programme du parti: le Parti Québécois a comme objectif fondamental de réaliser la souveraineté du Québec de façon démocratique. Mais alors, que faire quand le peuple québécois ne partage pas cet objectif? C'est le noeud gordien qu'aucun chef du parti n'est parvenu à défaire. L'intérêt de la démarche de Monsieur Parizeau, c'est qu'elle porte en elle la possibilité de faire exploser la question une fois pour toute. C'est une proposition qui n'accorde aucune importance à la volonté des québécois dans leur ensemble, et toute l'importance à la volonté des purs et durs du Parti québécois. Adoptée, elle mènerait soit à la ré-élection d'un Jean Charest pourtant loin d'être apprécié de la majorité des québécois, soit à une victoire du PQ suivie d'un cirque national de deux ans à discuter des modalités d'un Québec souverain que les Québécois n'auraient pas encore demandé, et, en toute probabilité, un troisième référendum perdu qui viendrait souligner l'absurdité totale de la démarche.
D'une manière ou d'une autre, fin des programmes, et le PQ aurait à renaître de ses cendres, allégé d'un Article 1 de plus en plus lourd à porter. Et la souveraineté serait remise aux calendes grecques, en attendant qu'une autre génération, moins aigrie que celle de Monsieur Parizeau, reprenne le flambeau.
Le grand manitou du Québec nationaliste a parlé, et le monde politique est en émoi. Monsieur Parizeau n'a pas son pareil pour soulever la controverse. Bien que ses discours soient toujours subtils et pondérés, ils portent tout naturellement à en tirer des grands titres qui sont tout le contraire. Jacques Parizeau en faveur d'une élection référendaire! Ce n'est pas précisément ce qu'il a dit; il évoque la possibilité, tout en précisant que compte tenu de la réalité historique de la question nationale il serait impossible d'accéder à la souveraineté sans au préalable passer par la voie référendaire. Dans cette nouvelle optique, l'élection donnerait au Parti Québécois le mandat de préparer le chemin et de légiférer en fonction d'une nouvelle consitution québécoise qui serait ratifiée (ou non) par le peuple québécois.
Mais bon, quand on a été sacré épouvantail national, il ne faut pas s'attendre à ce que nos paroles soient interprétées avec un maximum de discernement et de subtilité. D'ailleurs, ce rôle d'épouvantail, il se l'est donné lui-même. Par naïveté ou par stratégie, par égocentrisme ou par désir d'aider la nation, personne ne pourrait le dire avec certitude, mais c'est un rôle qui lui sied à merveille.
Sur le fond de la question, on peut être d'accord ou non. C'est sans aucun doute la suite naturelle du non-intérêt total de Monsieur Parizeau pour ce que souhaitent réellement les québécois. Lui veut la souveraineté, pour le bien du Québec entendons-nous, et si le peuple québécois ne le suit pas dans un chemin qui est si évidemment le bon, ça ne peut être que pour cause de manigances et de complots de la part des ennemis de la souveraineté. Il n'a rien a envier à ce niveau-là à Monsieur Chrétien et son programme des commandites, les deux s'inscrivant dans la même ligne de pensée qui veut que les québécois sont des êtres fondamentalement naïfs et influençables qui ne savent pas ce qu'ils veulent réellement.
Mais malgré tout, ce débat a du bon, parce qu'il incarne et expose au grand jour le dilemme et la contradiction fondamentale du Parti Québécois. Article 1 du programme du parti: le Parti Québécois a comme objectif fondamental de réaliser la souveraineté du Québec de façon démocratique. Mais alors, que faire quand le peuple québécois ne partage pas cet objectif? C'est le noeud gordien qu'aucun chef du parti n'est parvenu à défaire. L'intérêt de la démarche de Monsieur Parizeau, c'est qu'elle porte en elle la possibilité de faire exploser la question une fois pour toute. C'est une proposition qui n'accorde aucune importance à la volonté des québécois dans leur ensemble, et toute l'importance à la volonté des purs et durs du Parti québécois. Adoptée, elle mènerait soit à la ré-élection d'un Jean Charest pourtant loin d'être apprécié de la majorité des québécois, soit à une victoire du PQ suivie d'un cirque national de deux ans à discuter des modalités d'un Québec souverain que les Québécois n'auraient pas encore demandé, et, en toute probabilité, un troisième référendum perdu qui viendrait souligner l'absurdité totale de la démarche.
D'une manière ou d'une autre, fin des programmes, et le PQ aurait à renaître de ses cendres, allégé d'un Article 1 de plus en plus lourd à porter. Et la souveraineté serait remise aux calendes grecques, en attendant qu'une autre génération, moins aigrie que celle de Monsieur Parizeau, reprenne le flambeau.