Sunday, August 22, 2004

Mais lui, est-il content?

Le "feel-good story" des Olympiques c'est bien sûr la performance des footballeurs iraqiens, qui sont parvenus hier à un match d'une médaille en battant les Australiens 1-0 en quart-de-finales. Un parcours impressionnant pour une équipe qui ne s'était jamais même qualifiée pour la Coupe du Monde, quoique le tournoi Olympique donne presque toujours lieu à une surprise, les meilleurs joueurs des grandes équipes ayant pour la plupart déjà rejoint leurs clubs respectifs en vue de la saison qui s'amorce.

Chacun a entendu parlé des sévices que Saddam Hussein infligeait aux athlètes qui décevaient aux attentes en compétition internationale; comme en témoignait un ancien athlète iraquien, mieux valait que le dictateur ne s'intéresse pas trop à ton sport pour éviter la torture, et à ce qu'il paraît, celui-ci était un grand "partisan" de l'équipe de football. C'est d'autant plus joli de les voir triompher aujourd'hui. Et les autorités iraquiennes qui annoncent une semaine de cessez-le-feu en cas de victoire finale, ce qui n'arrivera malheureusement pas, désolé de vous annoncer que ce sont les argentins qui vont l'emporter, quoiqu'un bon geste humanitaire de leur part, du genre de jouer la finale sans gardien, serait apprécié de tous si jamais les iraquiens parviennent en finale.

Mais bon, il y a tout de même une question que je me pose. C'est même la question théologique du jour. Tous les Iraquiens sont contents, les mitraillettes se déchargent dans les airs en guise de célébration plutôt que dans un dessein meurtrier, Sunnites, Chiites et Kurdes partagent tous la même fierté pour cette équipe qui unit la nation. Mais quelque part, croupissant dans une prison perdue, il y a un Iraquien, une gloire perdue; le sait-il ce qui se passe, lui a-t-on dit? Le tortionnaire, le dictateur, le sanguinaire, redevient-il, le temps d'une émotion, un Iraquien heureux, sans plus ni moins?
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