Thursday, August 12, 2004
Les Olympiques pour tous
Les Olympiques approchent, et vous me demandez souvent si moi, en tant qu'amateur de sport, je salive à l'idée de cet orgie sportive 24h sur 24h sur toutes les chaines de télévision de la planète. Une question bien compréhensible, soit; mais je dois vous répondre que les Olympiques, ce n'est pas pour moi qu'ils les font. C'est pour vous. Oui, oui, pour vous, vous qui ne faites pas la différence entre un googly et une balle papillon, vous qui ne connaissez ni Jonah Lomu ni Yao Ming. C'est pour vous qu'ils les font.
C'est comme pour n'importe quelle entreprise, une fois que le marché de base a été saturé (dans ce cas-ci ce fut bien il y a un jour les amateurs de sport), il faut chercher à élargir ses assises, à conquérir d'autres marchés, quitte à perdre au détour le consommateur initial, comme nous l'a si bien démontré le shampooing Head & Shoulders à une certaine époque. Comme les Olympiques avaient déjà le monopole total de l'attention des amateurs de sport à tous les quatre ans, il ne restait qu'une option pour augmenter les audiences: intéresser ceux qui en théorie n'ont aucun intérêt pour la chose sportive.
Comment effectuer cette quadrature du cercle? Avec un peu de volonté, rien n'est impossible. La recette est simple au départ: si les gens n'aiment pas tous le sport, ils aiment bien les émotions, le human interest, comme on dit en bon jargon télévisé. Et comme par hasard, on s'est rendu compte que les athlètes étaient des être humains, avec une maman et un papa, des difficultés à surmonter et le happy ending au bout du compte, puisqu'ils ont réussi à se rendre aux Olympiques. Le nouveau héros des Olympiques, ce n'est pas celui qui va plus loin, plus haut, plus fort; c'est celui qui a eu l'enfance la plus difficile.
Deuxième difficulté, l'amateur de sport moyen, quand il allume la télévision et voit des gens qui courent après un ballon, prend en moyenne deux à trois minutes à prendre partie pour une ou l'autre des deux équipes, soir pour leur uniforme, leur nom, leur style de jeu, ou tout simplement parce qu'ils tirent de l'arrière au pointage. L'être humain moyen, lui, n'a pas du tout développé ce réflexe-là. La solution? Allez, vous l'avez devinée, j'en suis sûr. Le bon, c'est celui qui a une feuille d'érable scotchée sur le costume. Le méchant, c'est l'autre. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Troisième problème à résoudre, la triste réalité qui veut que bien des sports ne sont pas très télévisuels, pas très sexy. Grâce au ciel, la vogue "X-Treme Games" des années 90 a démontré le chemin à suivre. On ne présentera plus les courses de 3000 mètre steeple, à moins bien sûr qu'il n'y ait une feuille d'érable qui prend part à la course; on proposera à la place une couverture mur-à-mur des compétitions de volleyball de plage, dont la fédération principale, soit dit en passant, impose aux filles le port du bikini.
Un, deux, trois, et on a réussi à créer un sporting event pour tous, un hot dog au tofu, une bière sans alcool. Et oui, je l'avoue, il est possible que j'allume la télé pendant les Olympiques, au cas où par hasard je tomberais sur un haltérophile bulgare qui essaie de lever une barre de 260 kilos. Mais si c'est l'équipe canadienne de nage synchronisée dont le chien / mascotte Ti-Noir est mort de leucémie féline deux jours avant la compétition, je ne serai pas là pour vous tendre le mouchoir.
C'est comme pour n'importe quelle entreprise, une fois que le marché de base a été saturé (dans ce cas-ci ce fut bien il y a un jour les amateurs de sport), il faut chercher à élargir ses assises, à conquérir d'autres marchés, quitte à perdre au détour le consommateur initial, comme nous l'a si bien démontré le shampooing Head & Shoulders à une certaine époque. Comme les Olympiques avaient déjà le monopole total de l'attention des amateurs de sport à tous les quatre ans, il ne restait qu'une option pour augmenter les audiences: intéresser ceux qui en théorie n'ont aucun intérêt pour la chose sportive.
Comment effectuer cette quadrature du cercle? Avec un peu de volonté, rien n'est impossible. La recette est simple au départ: si les gens n'aiment pas tous le sport, ils aiment bien les émotions, le human interest, comme on dit en bon jargon télévisé. Et comme par hasard, on s'est rendu compte que les athlètes étaient des être humains, avec une maman et un papa, des difficultés à surmonter et le happy ending au bout du compte, puisqu'ils ont réussi à se rendre aux Olympiques. Le nouveau héros des Olympiques, ce n'est pas celui qui va plus loin, plus haut, plus fort; c'est celui qui a eu l'enfance la plus difficile.
Deuxième difficulté, l'amateur de sport moyen, quand il allume la télévision et voit des gens qui courent après un ballon, prend en moyenne deux à trois minutes à prendre partie pour une ou l'autre des deux équipes, soir pour leur uniforme, leur nom, leur style de jeu, ou tout simplement parce qu'ils tirent de l'arrière au pointage. L'être humain moyen, lui, n'a pas du tout développé ce réflexe-là. La solution? Allez, vous l'avez devinée, j'en suis sûr. Le bon, c'est celui qui a une feuille d'érable scotchée sur le costume. Le méchant, c'est l'autre. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Troisième problème à résoudre, la triste réalité qui veut que bien des sports ne sont pas très télévisuels, pas très sexy. Grâce au ciel, la vogue "X-Treme Games" des années 90 a démontré le chemin à suivre. On ne présentera plus les courses de 3000 mètre steeple, à moins bien sûr qu'il n'y ait une feuille d'érable qui prend part à la course; on proposera à la place une couverture mur-à-mur des compétitions de volleyball de plage, dont la fédération principale, soit dit en passant, impose aux filles le port du bikini.
Un, deux, trois, et on a réussi à créer un sporting event pour tous, un hot dog au tofu, une bière sans alcool. Et oui, je l'avoue, il est possible que j'allume la télé pendant les Olympiques, au cas où par hasard je tomberais sur un haltérophile bulgare qui essaie de lever une barre de 260 kilos. Mais si c'est l'équipe canadienne de nage synchronisée dont le chien / mascotte Ti-Noir est mort de leucémie féline deux jours avant la compétition, je ne serai pas là pour vous tendre le mouchoir.