Wednesday, August 04, 2004
Les athletes sont-ils des etres humain?
Ricky Williams vient de prendre sa retraîte, au faite de la gloire, au sommet de sa carrière, au moment où son talent s'exprime sans doute à son plus haut niveau. Pourquoi? Il a envie de voyager, de voir du pays, de faire quelque chose de plus important que de porter un ballon ovale sur une moyenne de plus de quatre verges et demie avant de se faire plaquer violemment au sol. Quelle décision étrange, peut-on lire dans les journaux. Quel étrange personnage, entend-on à la radio. On a toujours su qu'il était un peu bizarre, disent ses maintenant ex-coéquipiers. Après tout, un athlète est un athlète. L'être humain est généralement absent de nos préoccupations, à part son avatar des tabloïds et autres feuilles de choux.
Loin de moi l'idée de critiquer cette vision des choses. L'athlète, pour le journaliste, pour l'amateur de sport, est important dans sa qualité d'athlète. Sa personnalité s'exprime en coups de patins, en buts et en passes, en jabs et en uppercuts, en pointes de vitesse et en agilité surhumaine; de la même manière qu'un musicien s'exprime dans sa musique et un conseiller financier par la taille du compte en banque de son client. Rien de plus naturel, et rien de plus déconcertant quand les deux mondes se mélangent.
On se rappelle tous de Vladimir Malakhov, l'énigmatique défenseur russe qui paraîssait toujours jouer une coche ou deux en-dessous de son talent. On a entendu le même genre de commentaires lorsqu'il a quitté le Canadien: il ne faisait pas vraiment partie du groupe, il était étrange, solitaire. Je n'ai jamais oublié une certaine mi-saison, en lisant dans La Presse le petit questionnaire annuel où les joueurs nous révèlent leur acteur préféré, leur film préféré, le dernier livre qu'ils ont lu. Alors que tous les autres nommaient Julia Roberts, Tom Cruise et le dernier blockbuster américain (pour ce qui est de la lecture, on n'en parle même pas, ou plutôt, ils n'en parlent même pas), Malakhov nous parlait de Docteur Zhivago, du dernier film indépendant. Et voilà que tout devenait clair. Si la pensée critique et un regard conscient sur le monde peuvent s'avérer de jolies qualités pour un philosophe, ce sont aussi les ingrédients idéaux pour s'exiler en marge du monde du sport nord-américain. Stéphane Richer nous en avait aussi donné un bel exemple en nous annonçant que le hockey n'était pas si important que ça; ce qui n'est pas faux avouons-le, mais pourtant, dans le monde du sport, ce n'est certainement pas vrai.
Un athlète nous quitte, un être humain nous rejoint. Monsieur Williams, je vous souhaite bonne chance dans votre nouvelle carrière de voyageur et de mystique à la recherche de la vérité. Si vous vous y avérez aussi talentueux que dans votre carrière d'athlète, vous aurez sûrement un jour des choses très intéressantes à nous raconter.
Loin de moi l'idée de critiquer cette vision des choses. L'athlète, pour le journaliste, pour l'amateur de sport, est important dans sa qualité d'athlète. Sa personnalité s'exprime en coups de patins, en buts et en passes, en jabs et en uppercuts, en pointes de vitesse et en agilité surhumaine; de la même manière qu'un musicien s'exprime dans sa musique et un conseiller financier par la taille du compte en banque de son client. Rien de plus naturel, et rien de plus déconcertant quand les deux mondes se mélangent.
On se rappelle tous de Vladimir Malakhov, l'énigmatique défenseur russe qui paraîssait toujours jouer une coche ou deux en-dessous de son talent. On a entendu le même genre de commentaires lorsqu'il a quitté le Canadien: il ne faisait pas vraiment partie du groupe, il était étrange, solitaire. Je n'ai jamais oublié une certaine mi-saison, en lisant dans La Presse le petit questionnaire annuel où les joueurs nous révèlent leur acteur préféré, leur film préféré, le dernier livre qu'ils ont lu. Alors que tous les autres nommaient Julia Roberts, Tom Cruise et le dernier blockbuster américain (pour ce qui est de la lecture, on n'en parle même pas, ou plutôt, ils n'en parlent même pas), Malakhov nous parlait de Docteur Zhivago, du dernier film indépendant. Et voilà que tout devenait clair. Si la pensée critique et un regard conscient sur le monde peuvent s'avérer de jolies qualités pour un philosophe, ce sont aussi les ingrédients idéaux pour s'exiler en marge du monde du sport nord-américain. Stéphane Richer nous en avait aussi donné un bel exemple en nous annonçant que le hockey n'était pas si important que ça; ce qui n'est pas faux avouons-le, mais pourtant, dans le monde du sport, ce n'est certainement pas vrai.
Un athlète nous quitte, un être humain nous rejoint. Monsieur Williams, je vous souhaite bonne chance dans votre nouvelle carrière de voyageur et de mystique à la recherche de la vérité. Si vous vous y avérez aussi talentueux que dans votre carrière d'athlète, vous aurez sûrement un jour des choses très intéressantes à nous raconter.